Le XVIe
siècle a été l’occasion pour les Européens d’explorer
le Nouveau Monde. Ainsi, les Espagnoles, les Portugais, les
Anglais, les Français ou bien encore les Néerlandais et les Suédois
ont parcouru les terres de ce qui allait devenir bien plus tard les
Etats-Unis. Les batailles pour l’appropriation des terrains
furent légion, sans compter les nombreux affrontements avec les
autochtones, les Amérindiens.
On associe
les prémices de la constitution du pays à l’arrivée des
colons anglais au nord de la côte est. Le plus grand symbole étant
le débarquement du célèbre Mayflower, avec à son bord une centaine
de colons dont la plupart étaient des pèlerins persécutés dans leur
pays. Car s’il y aune chose importante à souligner,
c’est bien l’aspect religieux. Les nouveaux arrivants
étaient guidés par leur foi et voyaient les Nouveau Monde comme une
terre où ils pourraient vivre librement leurs croyances. Il
n’est donc pas étonnant d’avoir vu débarquer de
nombreux colons issus de différents mouvements religieux (comme les
quakers par exemple, célèbres pour leur extraordinaire quête du
martyre). De même que de nombreuses sectes religieuses apparaîtront
au sein même des colonies. Ce phénomène amènera bien évidemment les
puritains à interdire ces déviances ; ces mouvements étant
opposés à leur pratique rigoureuse de la foi protestante. Ainsi la
volonté expansionniste des colons s’associera très souvent
aux « exodes » de sectes religieuses. Rhode Island,
par exemple, devient une place de choix pour les quakers puisque le
gouvernement local les y tolère. Ils investiront d’ailleurs
un peu plus tard l’Etat de Pennsylvanie, qui deviendra leur
« chef-lieu ». Chaque mouvance religieuse élit domicile
dans une nouvelle région afin d’y fonder sa propre société
avec ses préceptes. C’est ce qui fera l’une des
particularités des fondations des villes américaines. On retrouve
d’ailleurs au sein de chaque mouvement la même volonté
d’établir une nouvelle Jérusalem sur ces nouvelles terres.
Cela explique en partie le nom de Salem, qui fut attribué à
plusieurs villes (on en dénombre au moins quatre dans touts les
Etats-Unis) dont celle du Massachusetts (Salem était le nom donné à
Jérusalem avant que cette dernière ne soit prise par le roi
David).
Etrangement,
le territoire de cette Salem était considéré comme anciennement
habité par le Diable, les habitants puritains avaient alors pour
mission de « purifier » ce terrain qui avait connu de
nombreux bouleversement comme les épidémies (que l’on
déclarait être apportées par le péché) ou la sécheresse entraînant
de grosse pertes de récolte. Durant cette époque de forte croyance,
il paraissait évident que tous les malheurs qui tourmentaient les
villageois étaient dus aux agissements du Malin. Ce détail a son
importance puisqu’à la fin du XVIIe siècle, Jennifer Caroll,
une habitante de Silent Hill, fut l’une des victimes de la
chasse aux sorcières qui eut lieu dans le village.
Une colline
sacrée
En 1607 est
fondée Jamesville en Virginie, sous la tutelle du capitaine John
Smith (qui n’est autre que le célèbre navigateur anglais qui
fut sauvé par la légendaire Pocahontas). Quelques années plus tard,
toujours dans la même région, des colons découvrent la Colline des
Esprits Silencieux, un bel endroit bordé de forêts et offrant une
magnifique vue sur le grand lac Toluca (à ne pas confondre avec
celui de Californie). Le lieu était considéré comme sacré par la
culture amérindienne locale, et d’où émanait un mystérieux
pouvoir. Tout porte à croire selon les quelques vestiges retrouvés
que la tribu effectuait de nombreuses cérémonies ainsi que des
processions pour le moins mystiques. Bien évidemment, ces natifs
américains furent chassés par les envahisseurs européens sans même
que l’on sache plus sur leurs croyances. C’est sur ce
lieu de culte que les colons fondèrent une ville, qui sera nommée
Silent Hill deux siècles plus tard. Une secte, dont les origines
sont particulièrement obscures, y élit également domicile en
établissant sa propre église. Jennifer Caroll, membre éminente de
ce culte (qui sera nommé l’Ordre), fut accusée de sorcellerie
et exécutée par les puritains, durant la chasse aux sorcières. Elle
deviendra l’icône du culte au point d’être immortalisée
par une statue à son effigie (Praying Woman Statue), située à
Rosewater Park. A ce moment-là, la secte se renforce à Silent Hill
et se divise aussi en plusieurs mouvements.
Les terres de
Virginie étaient une véritable bénédiction pour les petits
planteurs blancs. Elles permettaient aux plus modestes
d’entre eux de gravir les échelons sociaux, de
s’enrichir plus rapidement qu’ailleurs et de devenir
propriétaires de vastes domaines, tout en continuant
l’exploitation de leur plantations à l’aide
d’esclaves noirs. Ceci était principalement dû aux richesses
que renfermaient les vastes terres. Elles étaient propices à
l’agriculture et permettaient des activités très variées,
allant du maïs au tabac en passant par l’élevage de bovins ou
l’ostréiculture. Comme toute ville de Virginie, Silent Hill
ne faisait pas exception à la règle, elle bénéficiait d’un
terrain tout aussi apprêté à l’agriculture mais étrangement
totalement inexploité.
Chasse aux
sorcières
Fondée par une société de pêcheurs en 1626
dans le Massachusetts, Salem est surtout connue pour sa vague de
folie puritaine de 1692. A cette époque, les villageois étaient
très superstitieux et pouvaient facilement être dupés par les
comédies successives de plusieurs fillettes. En effet, ces
dernières prétendaient avoir été possédées par Satan sous
l’impulsion de certaines personnes du village. Immédiatement,
un tribunal se mit en place et inculpa plusieurs dizaines
d’habitants sous les accusations des enfants. Aveuglés par
les simulations des fillettes, les magistrats envoyèrent vingt-deux
innocents à la potence. Cette sombre période dura un an et laissera
de nombreuses traces. Ainsi la plupart des caractéristiques
définissant une sorcière (nez crochu, etc.), sont en grande partie
issues de ce faits divers. De même que le terme de chasse aux
sorcières sera réemployé pour désigner le Maccarthysme des années
50.